Roger à la Maternelle

Cesse donc de faire l'idiot, Butters !

11 décembre 2006

Y'a comme une odeur...

Le vieux sent.

 

 

 

 

 

Bon pour tout vous dire l’autre soir, je suis allé au théâtre… Evidemment y’avait pleins de personnes ridées et toute desséchées autour de moi, dont un monsieur en fin de vie qui discutait avec sa voisine, et qui se privait pas de brasser de l’air en ma direction, ce qui je peux vous le dire à vous, avait tendance à me titiller les poils du nez avec cette désagréable impression de respirer de la poussière. D’ailleurs quand je dis qu’ils discutaient, j’veux dire qu’ils se plaignaient de ne pas bien entendre, de ne rien voir, qu’il faisait chaud et que la poche urinaire de monsieur était pleine, et là… je sais pas pourquoi… ça a fait tilt dans ma tête ! J’ai dû glisser dans une faille spatiotemporelle de lucidité et je me suis revu en stage dans le service de réa où un aide soignant me disait « ouais t’as vu Mr Truc, c’est un sacré pochtron, j’ai beau le laver, y sent toujours la bibine, comme si son corps était imprégné tout entier ! ». Et là j’ai fait le parallèle avec les vieux croulants.

 

 

 

 

 

En fait c’est pareil, les vieux ils sentent le vieux. Ils sentent entièrement le vieux. Je suis sûr que si on leur enlevait leurs vêtements, qu’on les passait au karcher, ils sentiraient toujours le vieux et le renfermé.

 

 

 

L’atteinte est sans aucun doute profonde, le moindre bout de cellule, la moindre mitochondrie, doit refouler le périmé.

 

Comme si chaque pore de leur peau rejetait les effluves issues de leur état de décomposition précoce. A force ils sentent le moisi, le moisi humain. Je suis sûr qu’il leur pousse des champignons vénéneux dans le corps. Le cerveau tout poussiéreux, ils ne comprennent plus grand-chose, ils se mettent à répéter sans cesse les mêmes histoires, et on finit par connaître par cœur tous leurs problèmes de contrôle sphinctérien, et de détentes intestinales incontrôlées…

 

Ajoutons à ça qu’ils beuglent parce qu’ils n’entendent rien, leurs cellules ciliés sont complètement embourbées dans des moutons de poussière que ca les empêchent de fonctionner correctement.

 

 

 

 

Faudrait leur imposer des dates limites de fréquentation, aux vieux. Ca nous épargnerait de devoir côtoyer la mortitude de trop près… Non parce que mine de rien moi ça m’a mis dans tous mes états. J’ai bien cru qu’à un moment j’allai y passer. En plus imaginez, un feu se déclare dans le théâtre, le temps de se frayer un chemin entre les déambulateurs, les jambes de bois, les prothèses de hanche, et les dentiers y’a moyen d’y rester ! En tout cas faites gaffe ,et optez pour la place proche de la sortie de secours…

 

Ptain je suis colère rien de d'y repenser! Ils ont failli m'avoir les saloaprds! Rah! Faut que j'aille me défouler là! Où est ma trottinette bordel de merde?!

Posté par prof_chaos à 22:16 - Chez les grands - Commentaires [0] - Permalien [#]

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